Ecoutez les murmures de votre corps 

« Arrête un peu de t’écouter ».

Vous avez peut-être déjà entendu ce « conseil », teinté de reproche. Peut-être même vous l’êtes-vous donné à vous-même, craignant d’être trop préoccupé par votre propre personne.
Mais c’est un mauvais réflexe. En réalité, être à l’écoute de son corps et de ses besoins est une excellente chose. Cela pourrait même vous sauver la vie

  • Dans son magnifique livre sur l’accompagnement du cancer, le Dr Éric Ménat fait cette révélation :

 « J’ai constaté que la très grande majorité des patients que j’ai pris en charge pour un cancer sont des personnes qui ne s’occupent pas d’elles, qui ne prennent pas de temps pour s’écouter ou écouter leur corps. Ce sont souvent des personnes portées vers les autres, mais qui ne s’intéressent pas à elles-mêmes, voire qui ne s’aiment pas. Prendre du temps pour soi est considéré par elles comme de l’égoïsme ou de la vanité ». 

 Souvent, ce sont les femmes qui font preuve de cet altruisme excessif… oubliant qu’il est bien difficile d’être présent pour les autres quand on perd sa propre santé.
Quand les hommes refusent de « s’écouter », c’est plus souvent une forme de fierté mal placée.
« Je ne suis pas une chochotte, je peux parfaitement tenir avec cette petite douleur chronique au dos, à la tête ou à l’estomac », se disent-ils… oubliant que ces douleurs peuvent dégénérer et devenir invalidantes.

Et puis il y a l’esprit de notre époque. La course à la carrière, la course à l’argent, la course au « corps parfait », tout ceci conduit à refuser d’accorder la moindre attention aux soupirs de notre corps.
Tout est bon pour « réussir », y compris user notre organisme jusqu’à la corde, comme si c’était un simple « ustensile » qui peut être facilement réparé... ou même changé, si besoin.
La médecine moderne ne fait d’ailleurs rien pour vous en détromper : « vous pouvez tomber malade, nous vous soignerons », murmure-t-elle. Alors qu’elle fait chaque jour preuve de son impuissance dramatique contre les burnouts, les douleurs chroniques et les maladies de civilisation.

L’inconscience de ce qu’est une bonne santé peut aller loin. Je ne compte plus le nombre de trentenaires de mon entourage qui trouvent parfaitement « normal » d’être constamment fatigués ou victimes de sérieuses variations d’humeur.
Il ne leur viendrait pas à l’idée d’en parler avec leur médecin… ou simplement d’examiner ce qui, dans leur alimentation ou leurs habitudes de vie, fait qu’ils sont en moins bonne forme que leurs propres parents !

Quel que soit votre âge, votre corps vous parle, en permanence. Apprenez à l’écouter avec attention et sincérité, et vous pourriez en sortir transformé.  

Si vous ne me croyez pas, regardez plutôt cette fascinante expérience rapportée par le Dr le Bihan.


  • Visualisez votre propre cerveau… et votre douleur disparaît !

Denis le Bihan est un génie des temps modernes. Médecin, physicien, membre de l’Académie des Sciences, il a reçu un nombre invraisemblable de prix internationaux.

Depuis une dizaine d’années, il dirige Neurospin, une institution de recherche de pointe, dédiée à l’étude du cerveau… et équipée de technologies futuristes qui permettent de faire des expérimentations renversantes.
Dans l’une d’entre elles, des patients atteints de douleurs chroniques ont été installés dans un appareil d’IRM fonctionnel, une machine qui permet de visualiser l’activité du cerveau en temps réel.
Les neuroscientifiques savent parfaitement quelles zones du cerveau sont responsables de la « douleur ». Plus vous avez mal, plus les zones concernées de votre cerveau sont actives.
Guidés par une intuition géniale, les chercheurs ont décidé d’illustrer l’activité de ces zones « de la douleur » par l’image d’une bougie. Lorsque la douleur s’accroît, la flamme de la bougie grandit. Et lorsque les signaux de la douleur s’apaisent, la flamme rétrécit.
Et cette image, ils ont décidé de la projeter aux patients allongés dans leur machine IRM, en direct. Puis, sans leur donner la moindre explication du pourquoi ni du comment, ils leur ont demandé d’essayer de « faire baisser la hauteur de la flamme », par la seule force de leur esprit.
L’inimaginable s’est alors produit : il a suffi que ces patients se concentrent sur la flamme pour réussir à la faire baisser… et avec elle leurs douleurs chroniques !

Mieux : même une fois sortis de l’IRM, ces patients ont continué d’être capables de contrôler leur niveau de douleur. Selon Denis le Bihan, « leur douleur a baissé d’intensité sans qu’ils aient besoin d’y faire expressément attention » !

  • Dépression, Parkinson… des premiers résultats époustouflants

Les résultats ont été encore plus spectaculaires avec des patients victimes de dépression chronique.
Cette fois, les chercheurs ont lié la flamme de la bougie à la région du cerveau qui s’active en cas de plaisir. Et ils ont simplement demandé aux patients d’augmenter la hauteur de la flamme – et donc de stimuler l’activité du centre du plaisir.
« Là encore, le résultat fut remarquable, certains patients sortant complètement de leur dépression après l’examen IRM, et ne prenant plus aucune médication », explique Denis le Bihan.
Et comme si cela ne suffisait pas, des résultats très encourageants ont aussi été obtenus contre la maladie de Parkinson. De la même manière, les patients ont appris à contrôler leur cerveau et à améliorer leurs performances motrices.
Bien sûr, il faudra attendre des années avant que cette méthode de pointe ne soit définitivement validée scientifiquement… et accessible au plus grand nombre.
Mais elle révèle de façon spectaculaire à quel point il est précieux d’être informé, « connecté » à l’activité de son propre corps.

Tout se passe comme si ces patients atteints de douleurs ou de dépression étaient victimes d’une déconnexion, d’une coupure d’information avec leur mal être corporel. Mais dès que la flamme de la bougie leur a redonné cette information, sous une forme claire, le cerveau a immédiatement retrouvé sa capacité à s’auto-guérir.
N’oubliez jamais que le cerveau est la plus grande pharmacie naturelle de votre corps. Il cherche en permanence à vous soigner.
Mais il peut être dépassé… notamment lorsqu’il est victime de « bug » ou de court-circuit qui l’empêche d’avoir un retour d’information (feedback, en anglais) adéquat.


  • Le biofeedback : une béquille pour vous reconnecter à votre corps
L’expérience spectaculaire du Dr le Bihan est la dernière application d’une thérapie connue de longue date, le « biofeedback ».

Cette thérapie est très simple. Elle consiste à vous équiper d’appareils qui captent des informations sur vous-même (la température de votre corps, le rythme de votre cœur, l’activité de vos muscles… ou celle de votre cerveau) et à vous les restituer sous une forme pédagogique.

Voici un exemple très parlant de séance de biofeedback
« Une personne hypertendue et nerveuse est assise devant un écran d’ordinateur. Quelques capteurs placés sur ses doigts et sa tête la relient à la machine. À mesure qu’elle se détend, elle voit et entend que son rythme cardiaque diminue, que sa pression baisse et que ses ondes cérébrales s’apaisent. Elle découvre progressivement quel type de respiration, quelles pensées, quelles postures et quelles attitudes lui procurent les meilleurs résultats. Et à l’inverse, elle prend conscience de ce qui fait augmenter sa tension et sa nervosité.De retour chez elle, elle pourra utiliser ces nouvelles compétences pour avoir une meilleure maîtrise d’elle-même et éventuellement réduire son hypertension. »

Ainsi, il suffit de vous redonner conscience de certains signaux de votre corps pour vous permettre de regagner la santé. « Prendre conscience, c’est prendre contrôle », disent les professionnels du biofeedback.
Et si vous vous plongez dans la masse d’études scientifiques réalisées sur cette thérapie, vous verrez qu’elle produit d’excellents résultats sur un nombre très varié de problèmes de santé, comme :

  • L’incontinence urinaire chez la femme : le biofeedback permet de mieux prendre conscience de la contraction des muscles du plancher pelvien, et donc de mieux maîtriser les fuites
  • Le troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité, avec des effets supérieurs au médicament « ritaline ».
  • La constipation chronique chez l’enfant comme chez l’adulte, avec une efficacité nettement supérieure à la prise de laxatifs : ici, c’est une meilleure perception de la coordination entre l’intestin et le sphincter qui permet ces bons résultats.

Il existe encore beaucoup d’autres domaines où le biofeedback obtient d’excellents résultats : pour l’amélioration de l’équilibre , contre le mal de dos , l’anxiété et le stress post-traumatique , la fatigue et les troubles cognitifs  ou encore les maladies cardiaques. 

La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas forcément besoin d’un thérapeute et d’un équipement high-tech pour profiter de ses bienfaits.
Car il existe une technique ancestrale, accessible à tous, qui vous apprend naturellement à mieux vous connecter aux signaux de notre corps.


  • Entrez en pleine conscience de vous-même, sans appareil

Cette technique, vous l’avez peut-être deviné, c’est la méditation en pleine conscience (mindfulness).

Elle consiste à se concentrer sur le temps présent, et à ouvrir votre conscience à toutes les sensations de votre corps : votre respiration, vos tensions internes, les signaux de chacun de vos membres, muscles ou nerfs.
En faisant cela, vous faites taire brusquement le brouhaha qui vous accompagne en permanence : pas seulement le bruit extérieur, mais le parasitage de votre propre cerveau, inondé d’informations.
Et lorsque vous prenez la peine d’écouter votre corps, vous vous apercevez qu’un véritable orchestre est en train de s’y jouer…

Malheureusement, nous restons souvent sourd à cette musique, qui est pourtant le guide le plus précieux de notre santé.
Nous ne faisons pas suffisamment attention aux fausses notes… jusqu’à ce que nous ne puissions plus ignorer le tintamarre assourdissant de la douleur ou de la maladie.
Le coupable numéro 1 de cette déconnexion est bien connu : c’est le stress.
Si vous vous retrouvez face à une bête féroce, vous êtes programmé pour que votre attention soit focalisée sur un seul et unique objectif – vous sortir de cette situation de crise. Vos émotions, douleurs, humeurs, tout cela passe au second plan.
C’est le stress aigu, brutal. Mais avec le stress chronique, c’est la même chose… sauf que vous êtes alors en permanence dans une « situation d’urgence ».


Pour en sortir, la méditation est l’outil idéal, car elle vous force à quitter cet état de « conscience rétrécie » et à vous reconnectez aux signaux de votre corps.
Voilà pourquoi on assiste depuis quelques années à une pluie d’études scientifiques qui montrent les effets étonnants de la méditation sur quantités de problèmes de santé : le stress, l’anxiété, les problèmes cardiaques, les maux de tête, les troubles du sommeil, les douleurs chroniques, la fatigue, les troubles respiratoires, etc.

  • Reprogrammez votre cerveau

Car la méditation n’est pas une simple méthode de « relaxation ». De façon plus profonde, elle reprogramme votre cerveau.

C’est ce qu’a démontré de façon éclatante une étude récente, dans laquelle des chercheurs ont recruté 35 personnes au chômage et soumis à un énorme stress.
La moitié a expérimenté des séances de méditation en pleine conscience : les participants devaient ainsi faire attention à toutes les sensations de leur corps, y compris celles qui sont désagréables.
L’autre moitié a suivi des séances de relaxation (étirements, etc.), dans une ambiance qui n’encourageait pas à faire attention à son corps : bavardages, humour, etc.
Après seulement trois jours, les participants des deux groupes déclaraient se sentir mieux préparés à affronter le stress du chômage. Mais un scan de leur cerveau a révélé des différences étonnantes.
Ceux qui avaient bénéficié de la pleine conscience avaient certaines régions cérébrales plus actives : celles qui contrôlent les réactions liées au stress et celles qui gèrent le calme et la concentration !
Plus impressionnant encore : 4 mois plus tard, une simple prise de sang a révélé qu’ils avaient moins d’inflammation que l’autre groupe, alors que la plupart d’entre eux n’avaient pas continué à méditer !

Voilà une raison supplémentaire, si vous hésitiez encore, à vous mettre à cette incroyable pratique, 10 minutes par jour.
Mais pour ceux qui n’y sont pas prêts, j’aimerais vous donner trois conseils simples mais fondamentaux pour mieux vous connecter à vous-même.

Conseil numéro 1 : faites attention à votre souffle

Ce n’est pas un hasard si la plupart des méthodes de relaxation se focalisent sur le souffle : votre respiration est une fenêtre ouverte sur l’état de votre cœur et votre niveau de stress.

Pensez à ce qui se produit lorsque vous avez une peur soudaine. Instinctivement, vous prenez une grande inspiration… et vous la bloquez. Votre système nerveux de défense est mis en branle : l’adrénaline est libérée, votre cœur s’accélère, vous êtes prêt à fuir ou à combattre.
Quand le danger est passé, vous expirez profondément : c’est le « soupir de soulagement ». Cette fois, vous stimulez l’autre versant de votre système nerveux, celui de la relaxation, du repos et de la reconstitution de l’énergie. Vous vous calmez et réparez votre corps… jusqu’à la prochaine alerte.

En cas de stress chronique, comme on l’a vu, vous êtes dans un état d’alerte permanent : comme l’effort n’est jamais suivi du réconfort, votre corps est incapable de se réparer.
Heureusement, le simple fait d’en être conscient (feedback) aide à vous en libérer. Posez-vous la question, régulièrement dans la journée : êtes-vous en train de bloquer votre inspiration ? Ou d’avoir une respiration saccadée, rapide, plutôt qu’une respiration calme et lente ?
Instinctivement, vous adapterez votre respiration… et le simple fait de respirer sereinement calmera votre système nerveux ! Car vous enverrez alors à votre corps le message que vous êtes en sécurité, ce qui l’aide à ralentir votre cœur et à réduire les hormones du stress.

Conseil numéro 2 : refusez la douleur, mais accueillez son message

Paradoxalement, il peut être vital d’être conscient de vos douleurs, aussi légères soient-elles. Ce n’est pas toujours évident : il faut parfois réaliser un petit examen interne pour réaliser que vous avez une tension à la nuque.
Soyez attentif à ces petits signaux d’inconfort, et rectifiez ce qui ne va pas (votre posture, votre position quand vous dormez, etc.) avant qu’il ne soit trop tard.

Essayez de penser à faire des « scans corporels » rapides. Dès le réveil, demandez-vous si vous êtes reposé, et essayez de ressentir toutes les composantes de votre corps. Dans la journée, faites plusieurs pauses de quelques secondes pour une rapide vérification : avez-vous des tensions, des douleurs ?
Parfois, la douleur est tout sauf inconsciente. Votre problème est au contraire qu’elle est là, vive, insupportable.
Mais dans ce cas, n’essayez surtout pas de la supprimer sans chercher à comprendre ce qui se passe.

Par exemple, on se contente trop souvent de prendre un cachet contre le mal de tête. Mais c’est un tort : votre corps est en train de vous dire qu’il y a un problème, écoutez-le !
Peut-être êtes-vous simplement déshydraté, ou peut-être n’avez-vous pas assez dormi. Parfois, la cause est moins évidente (des intolérances alimentaires peuvent causer des maux de tête !). Mais dans tous les cas, il faut essayer d’identifier ce qui « cloche », et non se contenter de masquer le symptôme !
Même chose pour les brûlures d’estomac ou les douleurs articulaires. Je ne cesse de vous l’écrire dans mes lettres, mais votre corps cherche à communiquer avec vous. Si vous vous contentez d’avaler le médicament anti-acide ou anti-inflammatoire, non seulement vous en subirez les effets secondaires (graves), mais vous ne réglerez jamais la cause de votre problème !

Conseil numéro 3 : n’oubliez pas vos rythmes et besoins primaires

Mon dernier conseil rejoint l’un des plus anciens préceptes de la Grèce antique : connais-toi toi-même. Car cette sagesse doit s’appliquer à nos besoins fondamentaux : dormir, boire et manger… car nous sommes tous différents !
Sur le sommeil d’abord : pour être en forme, nous n’avons pas tous besoin du même nombre d’heures de sommeil. Sans doute vous connaissez-vous suffisamment pour savoir la dose qui vous convient le mieux, à vous… mais respectez-vous ce besoin fondamental ?
Plus important encore, respectez-vous votre rythme naturel ? Êtes-vous plutôt du matin ou de soir ? Pour le Dr Lemoine, selon votre profil, de simples « décalages » peuvent avoir des conséquences dramatiques sur l’humeur et la santé.

L’une des raisons du pic de suicide à la retraite, par exemple, est que ceux qui s’octroient un « repos bien mérité » avec des grasses matinées… se décalent par rapport à leur rythme naturel et plongent dans la déprime !
Respecter ses besoins de faim et de soif paraît plus simple… et pourtant, notre société d’abondance fait tout pour nous en déconnecter. On boit sans soif, souvent des boissons sucrées. On mange par « habitude », plutôt que d’écouter son corps (certains se forcent même à prendre un petit-déjeuner alors qu’ils n’ont pas faim en se levant !). Et on ne fait pas assez attention aux signaux de satiété que notre corps nous envoie, ceux qui nous encouragent à nous arrêter.

Pour vous reconnecter à vos vrais besoins, essayez de prendre tous vos repas en pleine conscience. Ne lisez pas, ne regardez pas la télévision, même si vous êtes seul. Vos cinq sens doivent être en éveil : regardez votre assiette et humez son délicieux fumet pour saliver (cela facilite la digestion), puis mâchez longuement pour apprécier le goût et la texture des aliments, voire leur bruit agréable en cas d’aliment « croquant ».
Commencez par prendre toutes ces petites habitudes de « conscience de soi », et peut-être, progressivement, finirez-vous par vous mettre à la méditation !

Il n’y a pas de mal à s’écouter

Au total, j’espère vraiment vous avoir convaincu qu’il n’y a rien de mal à « s’écouter » : ce n’est pas la marque des faibles ou des égoïstes, c’est au contraire la pratique du sage !
Reste qu’il n’est pas toujours facile de décrypter les messages que nous envoient notre corps. Certains besoins doivent être analysés plutôt qu’assouvis.
Si vous avez de furieuses envies de sucré, par exemple, cela doit vous conduire à vous interroger : votre flore intestinale serait-elle déséquilibrée ? Une trop forte hausse de vos hormones du stress (cortisol) conduit-elle votre corps à réclamer une « récompense » ?
Parfois, les messages de notre corps sont complexes. Et c’est pourquoi il ne suffit pas seulement de « s’écouter », mais il faut aussi acquérir les clés pour mieux comprendre ce que vous entendez…

Revue santé corps et esprit, Xavier Bazin




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